Le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a récemment publié un avis crucial concernant la gestion des expositions à l’amiante. Ce document, rendu public à la fin mars 2026, modifie la situation pour toutes les personnes ayant pu être exposées à ce matériau toxique. Il met également en avant l'importance des diagnostics immobiliers pour prévenir le risque d'exposition à l'amiante, comme le repérage de l'amiante avant le début de travaux de rénovation ou de démolition dans les bâtiments susceptibles de contenir des matériaux ou des produits intégrant ce minéral dangereux.
L'amiante est prohibé en France depuis 1997. Néanmoins, il demeure présent dans une grande partie des bâtiments existants. Toitures, dalles de sol, canalisations, plaques d'isolation, enduits, colles : les matériaux et produits contenant de l'amiante (MPCA) ont été employés pendant des décennies dans presque toutes les constructions dont le permis de construire date d'avant juillet 1997. Actuellement, entre un et deux millions de travailleurs pourraient être exposés à l'amiante chaque année en France, selon les informations fournies par l'avis du HSCP du 22 janvier 2026.
Ce document, rendu public le 31 mars 2026, vient compléter un premier avis publié en juillet 2025. Il a été élaboré à la demande de la Direction générale de la santé (DGS) dans le cadre des préparatifs pour le second plan d'actions interministériel amiante (PAIA 2). Son objectif est de proposer une méthodologie claire pour aider les personnes ayant été exposées ponctuellement à l'amiante à comprendre les risques qu'elles encourent. Bien que le risque soit bien documenté sur le plan scientifique, sa gestion reste fragmentée, peu claire et souvent difficile d'accès pour le grand public.
C'est précisément ce fossé entre la réglementation en vigueur et sa compréhension par les non-spécialistes que le HCSP s'efforce de combler. Pour cela, il part d'un constat simple : pour gérer un risque, il faut d'abord le détecter le plus tôt possible. C'est le rôle fondamental de nombreux diagnostics amiante, notamment le repérage amiante avant la réalisation de travaux de rénovation, de réhabilitation ou de démolition.
L'avis du HCSP s'articule autour d'une méthodologie en sept étapes, destinée à accompagner toute personne pensant avoir été exposée à l'amiante. La deuxième étape de ce parcours consiste à « confirmer la présence d’amiante » à travers des diagnostics déjà effectués ou des repérages supplémentaires.
Dans le cadre de travaux dans un bâtiment dont la date de permis de construire soulève des questions concernant le risque amiante, que votre projet implique une rénovation légère, le remplacement d’un revêtement de sol, la démolition d’une cloison ou le décapage d’un plafond, un repérage amiante avant travaux est requis. Cette expertise, réalisée par un professionnel certifié et possédant une mention dans le domaine de l’amiante, permet d’identifier tous les matériaux susceptibles de contenir de l’amiante en lien avec les travaux à venir. Le RAT aide également à adapter les conditions d’intervention sur le chantier et à définir les mesures de protection nécessaires. Une telle démarche est essentielle pour prévenir toute contamination.
En l'absence de ce repérage préalable de l’amiante dans un bâtiment, des fibres d’amiante peuvent être libérées dans l’air du chantier, exposant ainsi les travailleurs et même les riverains à un risque sérieux pour leur santé. L’amiante est un agent cancérogène reconnu, responsable du mésothéliome, de cancers du poumon et d’autres maladies respiratoires graves. Faire appel à un diagnostiqueur certifié amiante avant tout chantier garantit la protection de la santé de toutes les personnes présentes sur le chantier et dans son environnement immédiat.